Bruxisme
Bruxisme : pourquoi serre-t-on les dents et comment protéger son sourire ?
Dr Gaëlle Palomares · Happiness Clinic, Jumeirah
Serrer ou grincer des dents peut passer inaperçu pendant longtemps. Pourtant, les conséquences peuvent concerner à la fois les dents, les muscles et les articulations de la mâchoire.
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Qu’est-ce que le bruxisme ?
Le bruxisme désigne une activité répétée des muscles de la mâchoire, qui se traduit par un serrement ou un grincement des dents. Il ne s’agit pas toujours d’un geste conscient : beaucoup de patients découvrent qu’ils serrent les dents lorsque leur entourage les entend grincer, ou lorsque j’observe des signes au fauteuil.
On distingue le bruxisme d’éveil, souvent un serrement pendant la journée, par exemple lors de la concentration ou du stress, et le bruxisme du sommeil, qui peut associer serrement et grincement pendant la nuit. Ces deux formes n’ont pas nécessairement les mêmes mécanismes ni les mêmes conséquences.[1]
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Des signes sur les dents et dans les muscles
Les forces exercées de façon répétée peuvent laisser des traces : usure des surfaces dentaires, petites fissures de l’émail, fractures de restaurations ou sensibilité, notamment au froid. Ces signes doivent toutefois être interprétés avec prudence, car ils peuvent avoir d’autres origines.
Le bruxisme peut aussi s’accompagner de tensions ou de douleurs musculaires au niveau de la mâchoire, des tempes ou de la région cervicale. Certains patients décrivent une fatigue de la mâchoire au réveil, des douleurs autour de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM), des bruits articulaires ou une gêne à l’ouverture de la bouche.
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Ce que je regarde lors de l’examen
L’examen commence par l’écoute : les symptômes ressentis, leur moment d’apparition, les éventuels réveils avec la mâchoire tendue, ou les moments de la journée où le serrement est remarqué.
J’observe ensuite les dents et les restaurations à la recherche d’usure, de fissures ou de fractures. J’évalue l’ouverture de la bouche, les mouvements de la mâchoire et la sensibilité des muscles et des articulations. Des examens complémentaires peuvent être nécessaires selon la situation clinique.
L’objectif est de comprendre les conséquences du bruxisme pour chaque patient et de ne pas attribuer automatiquement toute douleur ou toute usure au serrement des dents.[1]
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La gouttière occlusale : protéger sans promettre de guérir
Lorsque cela est indiqué, je peux proposer une gouttière occlusale réalisée sur mesure. Portée en général la nuit, elle a pour objectif principal de protéger les dents et les restaurations contre les forces de serrement et de grincement.
La gouttière ne guérit pas forcément le bruxisme. Elle n’empêche pas toujours l’activité musculaire et ne règle pas nécessairement les facteurs qui l’entretiennent. Son port doit être suivi et contrôlé, afin de vérifier son adaptation, son confort et son état.[2]
Lorsque mon examen met en évidence des tensions musculaires importantes, je peux proposer une prise en charge complémentaire auprès de mes collègues physiothérapeutes Anne-Laure Brossard et Nicolas Amat. Voici leur approche.
Références scientifiques
- [1] Lobbezoo F, Ahlberg J, Raphael KG, et al. International consensus on the assessment of bruxism: Report of a work in progress. J Oral Rehabil. 2018;45(11):837-844. DOI : 10.1111/joor.12663Définitions du bruxisme d’éveil et du bruxisme du sommeil ; le bruxisme y est décrit comme un comportement, et non nécessairement comme un trouble.
- [2] Hardy RS, Bonsor SJ. The efficacy of occlusal splints in the treatment of bruxism: A systematic review. J Dent. 2021;108:103621. DOI : 10.1016/j.jdent.2021.103621Revue systématique : les preuves restent insuffisantes pour affirmer que la gouttière réduit le bruxisme.